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Roger Nordmann

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Perspective: l'axe institutionnel 

Pour un Etat à la hauteur des défis

Le découpage territorial et les institutions de la Suisse datent du XIXème siècle. Depuis cette époque, les frontières cantonales et communales sont grosso modo restées immuables. Ce découpage constitue le maillage de la démocratie et des politiques publiques. Constitué à la fin de l’époque napoléonienne, il ne reflète pourtant plus du tout la réalité économique et sociale, qui a complètement changé d’échelle : les villes se sont développées bien au delà de leurs frontières, les petits cantons sont complètement tournés vers les grands centres, et il n’existe plus de domaine qui ne soit organisé de manière à enjamber ce découpage. Cette imbrication dans la mise en œuvre des politiques publiques, certes pragmatique, est déficiente à bien des égards : compliquée à gérer, manquant de transparence, souvent inefficace, elle échappe largement au contrôle démocratique par un parlement.

Au XXème siècle, la Suisse a manqué le rendez-vous démocratique européen. Les décisions de l’UE marquent tous les domaines de la vie, au point que cette influence largement unilatérale a été formalisée dans des accords bilatéraux. Mais en refusant obstinément de participer aux institutions européennes, la Suisse renonce à influencer démocratiquement les décisions qui la concernent au premier chef. On reproduit donc vers le haut, c’est à dire l’Europe, les mêmes types de travers que l’on observe horizontalement entre les cantons et les communes.

Tant au niveau interne qu’international, la non-coïncidence du découpage politique et de la vie économique et sociale a également de graves implications fiscales, en provoquant les bases d’une concurrence biaisée. Cela menace le financement des tâches publiques. Enfin, le système de gouvernement Suisse, vieux de 150 ans, a vraiment besoin d’un nouveau souffle.

La modernisation des institutions et des structures étatiques devrait à mon sens être un chantier prioritaire. Au lieu de s’attaquer à la forme, comme on l’a fait avec la révision totale de la Constitution de 1999 et avec la nouvelle répartition des tâches, il faudrait empoigner la question du découpage territorial, du système de gouvernement et de notre implication en Europe. En négligeant ces questions, la Suisse ne court pas à la catastrophe immédiate, raison pour laquelle ce thème n’est pas traité. Mais l’immobilisme actuel érode peu à peu la capacité des collectivités publiques à exercer une emprise sur le cours des choses. Et donc à agir efficacement sur les deux axes politiques détaillés ci-dessous.

RN, août 2007

Bilan et perspective (téléch. le pdf complet)

Les chapitres "Perspective"

Introduction

1) Institutions et territoire

2) Pour un bien-être partagé

3) Préserver les bases physiques

 

Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
info@roger-nordmann.ch, tél 021 351 31 05, fax 021 351 35 41

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Dernière mise à jour le 9.3.2010