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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

Parti socialiste vaudois / lausannois

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Politblog 7.5.2014

Si vous hésitez sur le salaire minimum

 

Au cours des dernières semaines, j’ai rencontré plusieurs personnes qui hésitaient au sujet de l’initiative pour des salaires minimums. Mes interlocutrices et interlocuteurs font la balance suivante. Du côté du oui, ils évoquaient les deux arguments suivants.

Premièrement, ils trouvent choquant qu’une personne adulte, engagée régulièrement dans la vie professionnelle, soit payé moins de Fr. 4000.- par mois tout en travaillant à 100 %. Un salaire de Fr. 3000.- ou 3500.-, comme on en observe encore, ne permet guère de faire vivre une famille. Cela pousse poussant de nombreuse personne à l’aide sociale (phénomène des «working poors»). Finalement, ce sont les contribuables qui financent le revenu manquant par le biais de l’aide sociale.

Deuxièmement, mes interlocuteurs sont irrités par l’avarice de certains employeurs. Bien que la question soit discutée depuis des années, 10 % des travailleurs ont des salaires inférieurs aux Fr. 22.- de l’heure bruts prévus par l’initiative. Même si certains employeurs récalcitrants ont récement corrigé le tir sous la pression de l’initiative, il reste encore 400’000 personnes en Suisse dans cette situation.

En revanche, les trois craintes suivantes les poussaient plutôt à refuser l’initiative:

1) Certains employés, peu qualifiés ou éventuellement handicapés, n’atteignent pas une productivité suffisante pour justifier un salaire de Fr. 4000. –. Mes interlocuteurs craignent que ces emplois soient purement et simplement supprimés, faute de rentabilité.

2) Ils craignent qu’un salaire minimum de Fr. 4000.- ne déploie un double effet négatif sur les jeunes : moins expérimentés, les jeunes sans formation n’atteindraient pas la productivité voulue et ne seraient pas engagés. Ou alors, de manière un peu contradictoire, les jeunes sortiraient de l’école et préféraient un travail de manœuvre payé à Fr. 22.- de l’heure plutôt que de faire un apprentissage qui leur offrirait à long terme de bien meilleures perspectives.

3) Dans certaines situations particulières, il pourrait être difficile d’assumer un tel salaire, du moins à court terme. Souvent mes interlocuteurs pensent à l’agriculture et à certains emplois du secteur informel ou associatif.

Face à ces hésitations, j’invite les personnes à lire le texte de l’initiative. Les syndicats, conscients de la réalité du terrain, ont justement rédigé leur initiative de manière intelligente. Elle prévoit que “La Confédération peut édicter des dérogations pour des rapports de travail particuliers” (article 110 alinéa 3) et que “Les dérogations (…) sont édictées avec le concours des partenaires sociaux” (alinéa 5). ”

Ces dispositions permettront de prévoir un niveau de salaire minimum plus bas pour les jeunes sans aucune formation, pour des salariés dont la productivité serait réduite en raison de circonstances particulières, ou encore pour des stagiaires ou des apprentis. Elles permettront de tenir compte de circonstances particulières de manière adéquate, comme par exemple l’engagement saisonnier dans l’agriculture. Mais ces exceptions devront être discutées et justifiées, ce qui est la moindre des choses.

Cette initiative aura globalement un effet favorable sur le bas de l’échelle des salaires, contribuant un meilleur équilibre global dans la société. C’est la condition de la paix sociale. Pour ma part je voterai OUI sans hésiter.

 

 

 

 

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Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
info@roger-nordmann.ch, tél 021 351 31 05, fax 021 351 35 41

Twitter @NordmannRoger

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23.3.2017