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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

Parti socialiste vaudois / lausannois

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12.05.2012 - Colloque ENERPLAN Swissolar

Energie solaire, les enjeux du global au local, avec une part de rêve en plus…

Marseille, 9 mai 2012

Président de Swissolar, Vice-président du Groupe socialiste au Parlement Suisse."

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes aujourd'hui réunis dans ce colloque franco-suisse sur l'énergie solaire pour célébrer l'arrivée du premier tour du monde en bateau solaire. Nous avons raison de fêter, parce que Planet Solar symbolise l'avenir de notre système énergétique : la convergence entre une efficacité énergétique maximum et les énergies renouvelables. Outre la prouesse technologique, Planet Solar apporte une dimension pédagogique évidente. Comme président de Swissolar, la Fédération suisse des quelque 400 entreprises actives dans le domaine de l'énergie solaire, je suis fier.

Mais ne nous y trompons pas, notre objectif n'est pas d’en rester au symbole, à la pédagogie et à la fierté : nous voulons transformer à large échelle la réalité de notre système énergétique. Et nous avons de bonnes raisons de vouloir le faire : pour assurer la prospérité et le bien-être des générations futures, notre société ne peut pas miser sur des énergies qui détruisent les bases écologiques et économiques de ce bien-être. Une énergie qui contamine des régions entières et produit des déchets dangereux pendant des centaines de milliers d'années n'est pas une énergie que les gens responsables peuvent admettre d'utiliser. Il en va de même pour des énergies dont les émissions menacent de réchauffer le climat terrestre dans une mesure insupportable.

 

Le défi est de taille, car l'entier de notre prospérité est fondé sur l'accès à de grandes quantités d'énergie relativement à bon marché. Nous savons tous que c'est la mobilisation des énergies fossiles – d’abord le charbon, puis le gaz et le pétrole,  qui a permis les révolutions industrielles, et toute amélioration de la condition humaine qui en est découlée, y compris dans la production agricole. Malheureusement, tous les feux sont désormais à l'orange, et certains menacent de passer au rouge. Il faut d'urgence entamer l'assainissement des bases énergétiques de notre société.

 

Mais cela tombe bien, vos deux pays, la France et la Suisse, viennent, chacun à leur façon, de poser les bases politiques de ce virage.

Après la catastrophe de Fukushima, la Suisse a fait quelque chose de totalement inhabituel, de totalement étranger à son ADN politique : elle a pris une décision de principe de sortir du nucléaire, sans que tous les détails ne soient réglés à l'avance. L'objectif consiste à désaffecter la dernière centrale nucléaire en 2034, lorsqu’elle aura atteint l'âge honorable de 50 ans. Et bien entendu, nous avons décidé de ne plus construire de nouvelles centrales nucléaires, en enterrant en grande pompe les plans du lobby nucléaire. Jamais, au grand jamais, Raphael Domjan et son équipe n’auraient pu imaginer, en démarrant leur périple, que la politique suisse allait elle aussi se retrouver rapidement aux antipodes.

 

Il y a trois jours, les Françaises et les Français ont élu François Hollande à la Présidence de la République, ce dont je vous félicite. Sur le nucléaire, son engagement est très clair : passer de 75 à 50 % d'énergie nucléaire dans le mix électrique français d’ici 2025. Ce projet est colossal, et il est en réalité légèrement plus ambitieux que ce que veut la Suisse, puisque la Suisse s’est donné 22 ans pour remplacer 40 % d'électricité nucléaire, et vous vous en donnez 13 pour en remplacer 25 %. L'engagement de François Hollande est cependant à la mesure du problème d'approvisionnement de la France : avec un parc électronucléaire vieillissant et extrêmement peu souple, l'approvisionnement électrique français se trouve dans une impasse, comme l'a montré la dramatique situation lors des grands froids de cet hiver. Ce n’est que grâce aux exportations de renouvelables allemands et d'électricité charbonnière d'Europe de l'Est que la France a évité le black-out. Avec des pointes de consommation à 100 GW imputables au chauffage, mais un parc électronucléaire produisant de manière rigide à 60 GW, on mesure la difficulté.

 

Jusqu'à ce jour, la coopération franco suisse en matière d'énergie portait essentiellement sur le nucléaire. Nos deux lobbys nucléaires s’entendaient comme larrons en foire. Dans nos deux pays, ils freiné le développement du photovoltaïque, parvenant à maintenir la suisse à 25 et la France à 43 W/habitant, contre 210 et 304 en Italie et en Allemagne. Mais cela doit changer maintenant, et cela va changer.


Car la France et la Suisse ont des similitudes importantes : j'évoquais à l'instant la forte part de nucléaire vieillissant de la France, mais la situation la Suisse n'est pas complètement différente, avec 40 % de courant nucléaire et le record peu glorieux de la plus vieille centrale du monde encore en service, à Beznau, inaugurée en 1969. Contrairement à ce qu’à indiqué M. Sarkozy dans le débat télévisé, cette centrale n’a pas 60, mais heureusement que quatre ans de plus que moi.

Le chemin que nos deux pays avons à accomplir est substantiellement le même : il faut substituer cette énergie nucléaire sans accroître les émissions de gaz à effet de serre. Construire en masse des centrales à gaz n'aurait aucun sens, car on ne chasse par la peste par le choléra.

Pour y parvenir, il faut agir sur deux axes : augmenter l'efficacité dans l'usage de l'énergie, et récolter davantage d'énergie renouvelable. Lors de la table ronde de tout à l'heure, j'y reviendrai dans les détails, en particulier pour vous présenter la manière dont la Suisse entend s'y prendre.

 

Pour gagner en efficacité et développer les énergies renouvelables, il y a un maître mot : investir. Investir pour récolter les énergies renouvelables, que ce soit le solaire, l'éolien, la biomasse ou même des technologies plus nouvelles, comme les hydroliennes ou la géothermie électrique. Investir également pour moderniser nos appareils électriques et assainir nos bâtiments. En France encore plus qu'en Suisse, ce dernier point est décisif, vu le nombre incroyable de chauffages électriques directs qui ont été installés et qui menacent la stabilité de l’approvisionnement électrique en hiver. On ne soulignera jamais assez l’absurdité qu’il y a à griller de la façon la plus inefficace l'énergie la plus noble. Chez nous, 15 à 20 % de la puissance hivernale est absorbée par les chauffages.

Qui dit investissements dit évidemment coûts, ce que nos adversaires ne manquent jamais de souligner. Mais ils omettent sciemment de dire que ces investissements seront générateurs d'emplois et de richesses. Les emplois de la transition énergétique sont nombreux et diversifiés, en particulier dans l'artisanat. Ils feront tourner des petites et moyennes entreprises sur tout le territoire, notamment dans le bâtiment et l'équipement. À l'échelle suisse, l’institut de macroéconomie de l’université de Lausanne a chiffré les emplois à environ 100’ 000, ce qui donnerait, à l'échelle de l'hexagone, 1 millions d'emplois. Au moment où l'Europe entière se demande comment sortir du piège de la récession, voilà un projet passionnant. Il l'est d'autant plus que son financement est principalement privé, puisqu'il est essentiellement financé par les utilisateurs de l'énergie et les propriétaires des bâtiments. Investir, c'est aussi préparer la richesse de demain : quelle serait notre situation si nos prédécesseurs n'avaient pas investi dans l'éducation ou dans les réseaux de chemin de fer pour prendre un exemple concret ? Notre infrastructure électrique est largement amortie, nous vivons la substance. Dans tous les cas de figure il est nécessaire de procéder maintenant un redéploiement, et autant le faire dans les énergies propres et sûre, et dans leur utilisation efficace, plutôt que de refaire les mêmes erreurs qu'il y a 40 ans. Car ne nous leurrons pas, la fuite en avant dans le nucléaire serait un gouffre financier, comme nous le rappelle tous les six mois Areva au sujet de l’EPR Flamanville.

On parle beaucoup de productivité et de compétitivité. Eh bien Mesdames et Messieurs et ce sera ma conclusion, les pays qui s'en tireront le mieux à l'avenir seront ceux qui, plutôt que de dépendre d'énergie finies et chères, réduiront leur consommation d'énergie et valoriseront les énergies indigènes, comme le soleil. Lequel n’a, comme vous le savez depuis l’enfance, qui n'a jamais envoyé de factures. Je vous remercie de votre attention

 

 

 

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