Retour à la page d'accueil

Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

Parti socialiste vaudois / lausannois

Aller au site du Parti socialiste vaudois

retour à la page d'accueil

Tous les articles écrits
Par thème:

Economie, finance et fiscalité

Egalité et social

Energie et environnement

Formation et recherche

Institutions et Europe

Prévoyance professionnelle

Transports


Campagnes et bilans

Bilans 08-15

Campagne 2007

Bilan 04-07

Campagne 2003

Interventions à la tribune du Conseil National

Motions, initiatives, postulats, interpel.

Portrait

Pourquoi le PS?

Activités 

Profession

Curriculum vitae 

Adresse de contact

 

   

Article 15.4.09

Gauche ou droite: Gouverner une ville, c'est être actif.

Blog rédigé pour http://urbanites.rsr.ch/en réponse à la question: "Le développement urbain est-il de droite ou de gauche?

  Peut-être est-ce une mauvaise habitude de politicien, toujours est-il que j’ai envie pour commencer de reformuler la question. En effet, que l’on soit un édile de gauche ou de droite, on prend des décisions influençant le développement urbain. À la limite, même une non-décision qui aboutit à un développement totalement anarchique de type bidonville relève d’un choix, à moins que l’absence de cadre juridique empêche tout pilotage, comme c’est le cas dans certains pays du tiers-monde.

La question devient alors : « est-ce la gauche ou la droite qui offre le meilleur développement urbain ? ».

Et là, ma réponse très claire, mais sans surprise pour l’internaute : la gauche est bien meilleure, pour des raisons qui tiennent quasiment à son patrimoine génétique :

  • la ville est un lieu où l’on vit en communauté de manière très intensive et relativement étroite : le citadin est en interaction permanente avec de très nombreux inconnus. Et les rapports entre les gens ne peuvent se régler à la manière du far-west. En ville, l’imbrication des activités privées ou publiques, économique ou de loisir, est extrême. Dans une telle situation, beaucoup d’aspects de la vie en communauté doivent être réglés ou gérés. Et souvent, il faut une action collective pour amener des solutions : dans l’histoire, cela commence très tôt, par exemple par l’installation d’égouts. Ou, à l’autre bout du spectre, par la mise en place d’une politique culturelle qui donne du sens à la ville. Gouverner une ville, cela veut donc dire être très actif. Et cela, c’est plutôt dans les gènes de la gauche que de la droite, facilement encline au laisser-faire et au repli sur la sphère individuelle.

  • La gauche est moins obsédée par le dogme absolu de la propriété privée. Cela lui permet une politique d’aménagement urbain plus ambitieuse. Lorsque c’est nécessaire pour le logement ou l’urbanisme, elle est disposée à ce que la ville possède une partie du parc immobilier. Cela permet à la ville d’intervenir comme investisseur. En outre, la gauche n’hésite pas à imposer des contraintes de planifications aux privées, dans l’intérêt d’un développement urbain harmonieux.

  • Pour différentes raisons, la ville est aussi un lieu où de très fortes inégalités peuvent se creuser : historiquement, les villes ont été le berceau du capitalisme et du salariat. Actuellement, elles attirent facilement des populations en difficulté, qui ont besoin des services qu’elles offrent. Si l’on veut éviter la ghettoïsation, les inégalités excessives voir la violence, il faut en milieu urbain une politique particulièrement ambitieuse de prévention et de compensation des inégalités sociales. Sans quoi la ville devient invivable. Ici aussi, la gauche a un avantage décisif parce qu’elle fait de la lutte contre les inégalités la pièce maîtresse de son programme.

Si la gauche bénéficie en quelque sorte de meilleures prédispositions génétiques pour diriger les villes, cela ne signifie pas encore que dans les faits, elle le fasse bien ou l’ai toujours bien fait : avec le recul, on est bien obligé de constater que des municipalités de gauche ont parfois commis de grosses erreurs urbanistiques ou esthétiques. Ces erreurs sont d’ailleurs souvent le reflet du consensus d’une autre époque et de l’évolution des mentalités.

À l’heure actuelle, ce n’est toutefois pas un hasard si de nombreuses grandes et petites villes sont en mains de la gauche :

  • les roses rouges verts ont un programme beaucoup plus moderne et contemporain en matière de cadre de vie : moins de voitures, plus de transports publics, plus d’espaces verts, plus espaces de convivialité. Cela correspond aux aspirations de la population.

  • En matière de politiques sociale et culturelle ainsi que de politiques de formation et d’intégration, les roses rouges verts appliquent un programme plus ambitieux et plus volontariste. Celui-ci correspond mieux aux besoins de la communauté urbaine, ce qui se traduit dans les urnes. Il faut dire que la droite, largement infesté par l’idéologie néolibérale du « moins d’État », s’est largement disqualifiée au niveau urbain : en voulant réduire les impôts, et donc les ressources disponibles pour l’action collective, la droite n’est pas crédible lorsqu’elle prétend malgré tout mener une politique urbaine ambitieuse. Et cela, citoyennes et citoyens des villes le sentent bien. Même dans des domaines censés être plutôt des fiefs de la droite, comme la sécurité publique ou la promotion économique, la gauche est plutôt meilleure, car elle essaie de se donner les moyens financiers de son ambition.

Donc, oui, la gauche est meilleure pour gérer les villes. Et pas seulement les villes, mais c’est un autre sujet.

 

 http://urbanites.rsr.ch/  15.4.09

 

 

 

  

 

 Listes de tous les
articles publiés
 

 

Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
info@roger-nordmann.ch, tél 021 351 31 05, fax 021 351 35 41

Twitter @NordmannRoger

Retour à la page  d'accueil

23.3.2017