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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

Parti socialiste vaudois / lausannois

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Article Pages de Gauche, 15.10.06

Electricité et environnement : la nécessité d’une politique volontariste  

Dans notre pays, la consommation d’électricité a augmenté de 40% en vingt ans. Tout laisse à penser que cette tendance va se poursuivre, voir se renforcer, pour plusieurs raisons. A commencer par la démographie et la propension des ménages à se barder de nombreux appareils. Ensuite, le caractère très efficace de l’électricité la rend très attrayante à l’usage. Alors qu’un moteur à essence perd trois quart de l’énergie en chaleur, un moteur électrique transforme quasiment toute l’électricité en énergie mécanique. De plus, l’électricité ne développe pas d’émissions nuisibles sur son lieu d’utilisation, ce qui est de plus en plus intéressant pour les transports. Enfin, le boom des pompes à chaleur renforce encore la tendance, car ce système permet d’extraire trois unités de chaleur du terrain en utilisant une unité d’électricité, ceci sans émettre de CO2 ou de suies sur place.

Toutefois, l’absence d’émissions polluantes sur le lieu d’utilisation ne préjuge pas du bilan écologique de l’électricité. A l’échelon européen, deux tiers de l’électricité est produite à base d’énergie primaire fossile (charbon, du mazout ou gaz naturel), ce qui émet d’énormes quantités de CO2. En Suisse, on a longtemps négligé ce problème climatique lié à l’électricité, en raison de la part prépondérante de production  hydraulique. Mais comme la Suisse n’a augmenté sa production d’électricité que de 10% en vingt ans, elle est en train de devenir importatrice nette d’électricité européenne, dont les deux tiers seront mathématiquement d’origine fossile.

La question cruciale est celle de savoir comment faire face à cette croissance d’électricité.

Dans un marché complètement libéralisé et privatisé, la tentation est forte de développer encore plus la production d’origine fossile. Ces installations peuvent en effet être construites et amorties rapidement. Et le marché n’aura pas d’hésitation à émettre des quantités inconsidérées de CO2, dans une pure logique de profit. Le bilan climatique serait désastreux.

En revanche, la construction de nouvelles centrales nucléaire est si compliquée sur le plan technologique et de la sécurité que les privés hésiteront beaucoup : en plus du risque atomique, il y a un risque politique et économique non négligeable, de nature à décourager les investisseurs. C’est ce qui explique qu’en Europe, il n’y ait que deux projets concrets de nouvelle centrales nucléaires.

S’agissant du nucléaire, le risque de la libéralisation tient plutôt à l’exploitation des centrales existantes. La tentation d’économiser sur le personnel de sécurité et la modernisation des installations existantes devient très importantes. Les premiers résultats de l’enquête sur l’incident de Forsmark en Suède montrent d’ailleurs un enchaînement d’erreur humaines dans  l’entretien et la mise à niveau des installations de sécurité.

En principe, un secteur électrique en main de l’Etat offre de meilleurs atouts pour les énergies renouvelables, comme pour la sécurité de l’approvisionnement, parce qu’il n’est pas obligé d’obéir à des critères de rentabilité à cours terme. Mais il faut malheureusement admettre que pendant des décennies, les électriciens ont bloqué les économies d’énergies et les nouvelles énergies renouvelables, en Suisse comme à l’étranger. Il faut dire que le caractère intrinsèquement décentralisé de l’éolien, du photovoltaïque, de la biomasse, de la géothermie et de la petite hydraulique échappe à la logique des managers des entreprises électriques. Ce mauvais bilan écologique s’explique largement par le fait que l’Etat actionnaire n’a pas joué son rôle, laissant certains managers de ce secteur se prendre pour des caïds du marché. Mutatis mutandis, ce problème est le même que dans le pilotage des banques cantonales. Tout cela démontre la nécessité d’un politique volontariste dans le domaine des économies d’énergies et de énergies renouvelables.

Du côté des économies d’électricité, deux pistes principales doivent être suivies. Premièrement, il y lieu de remplacer les chauffages électriques directs par des pompes à chaleur, ou mieux encore, par des chauffages à bois, énergie entièrement renouvelable. Le potentiel d’économie est considérable : 6 à 8% de l’électricité employée en Suisse est gaspillée dans cette technologie antédiluvienne,  laquelle avait été massivement subventionnée par les entreprises électriques. La seconde piste à suivre est celle de l’efficacité des appareils électriques courants : moteurs,  lampes, appareils ménagers, ventilation, informatique etc. L’étude Prognos (2002) montre qu’en imposant systématiquement l’achat des technologies les plus économes permet d’ici 2005 d’économiser 6 TWh par an, soit 10% de la consommation.

Du côté de la production, il faut établir un mécanisme de rachat à des conditions équitables du courant décentralisé produit par les nouvelles énergies renouvelables. Concrètement, les particuliers et les entreprises électriques – comme par exemple les services industriels des villes -  qui investissent dans la production d’énergie renouvelable doivent pouvoir faire supporter les surcoûts solidairement à l’ensemble des utilisateurs, comme cela fut le cas autrefois pour les barrages et les centrales nucléaires.  Pour l’instant, ce dispositif a été retenu dans le débat sur la Loi sur l’approvisionnement en électricité. Il s’agit dans les grandes lignes de  reprendre le système allemand, qui s’est révélé d’une efficacité redoutable : en cinq ans, il a fait croître de 1% à 5,5% la part de l’éolien dans la production allemande, ce qui a permis de fermer les plus anciennes centrales nucléaire et de nombreuses centrales à charbon, très polluantes. En valeur absolue, la production éolienne allemande équivaut à neuf fois la production de la centrale nucléaire de Mühleberg ! 

 

Pages de Gauche, 15.10.06

 

 

  

 

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27.3.2017