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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

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Article Domaine Public, 1er octobre  2004

Naturalisation: Suisse alémanique, où vas tu ?

Après le vote sur les naturalisations, il est inutile de commenter l'opposition entre les petites communautés alpestres et les zone urbaines ouvertes ou de se gargariser du Röstigraben : les données culturelles et historiques sont connues, et l'on ne modifie pas le passé. Il aurait été naïf d'attendre des majorités de oui en suisse primitive, et les régions limitrophes de la France n'allaient pas basculer dans la xénophobie.

En revanche, l'examen de la dynamique des dix dernières années est fort instructive. Que constate-t-on en comparant les résultats du week-end avec le vote de 1994 sur les naturalisations facilitées (voir graphique en pg ….)? Dans les zones francophones et au Tessin, les pourcentages de oui se sont presque maintenus, voire ont légèrement progressé. En revanche, ils ont lourdement chuté dans les zones germanophones. Ce résultat est contraire à l'intuition : en principe, il est plus difficile de faire progresser le oui lorsque le pourcentage est déjà élevé. A noter également la quasi-stabilité du résultat Tessinois, alors que ce canton était nettement dans le camps du non il y a dix ans. Contrairement aux cantons alémaniques dont le résultat était similaire en 1994, le score du oui ne s'y est pas effondré.

Naturalisation: Suisse alémanique, où vas tu ?

Cette évolution divergente entre la Suisse alémanique et le reste du pays au cours de la décennie écoulée ne saurait s'expliquer par le contexte culturel ou historique, car ce dernier n'a pas fondamentalement changé en dix ans. En réalité, c'est la tonalité du débat public qui donne la seule explication plausible. En Suisse romande, les forces bourgeoises éclairées ont maintenu un relatif cordon sanitaire autour des composantes xénophobes de l'UDC ; cela contraste avec l'attitude du PDC et des Radicaux alémaniques s'en sont tenu à l'attitude suiviste de l'UDC avant de se réveiller trois jours avant la votation. Cette Attitude a - faut-il le rappeler ? - ouvert les portes du Conseil fédéral à Christoph Blocher

Les médias romands, à de malheureuses exceptions près, ne cherchent pas faire de l'audience et de l'argent sur le dos des étrangers. En Suisse romande, la télévision ne focalise pas pendant des semaines l'attention de toute l'opinion publique sur un jeune crétin étranger qui se vante de ses dépassements de vitesse. Or c'est ce que vient de faire la mal nommée " Schweizer Fernsehen ", en ne manquant évidemment aucune occasion de souligner l'origine balkanique de ce chauffard.

L'économie suisse traverse une phase difficile, dont l'origine tient aussi à notre isolement européen, qui a été, il faut le rappeler, imposé en 1992 par l'UDC. Dans ces conditions, le simple citoyen peut être tenté de faire de l'étranger - fût-il petit fils d'immigrant - un bouc-émissaire. Pour combattre ce penchant dont l'histoire nous montre qu'il est inhérent à la nature humaine, il faut un engagement constant et déterminé. L'explication rationnelle des enjeux et les défense des droits fondamentaux des minorités - et le droit de cité en est un - représente certes un travail de Sisyphe. Mais c'est une mission noble et indispensable au maintien de la démocratie. En Suisse romande et au Tessin, les élites politiques, économiques, médiatiques, culturelles, intellectuelles, sportives et religieuses s'efforcent de l'assumer, avec un succès aussi indéniable que précaire. Aujourd'hui, il faut constater que ces mêmes élites ne remplissent pas leur rôle outre-Sarine. Il est temps qu'elles se ressaisissent, pour éviter que notre pays ne devienne une vaste landsgemeinde populiste et xénophobe. C'est une affaire de morale autant que de politique

 

Domaine Public, 1er octobre  2004

 

 

  

 

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