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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

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Article Domaine Public, 14 décembre 2001

Formation professionnelle: Un panorama fort intéressant

Par Roger Nordmann, 14 décembre 2001

Les écoles techniques et d'apprentissage doivent s'adapter aux nouveaux besoins. Le Département vaudois de la formation et de la jeunesse vient de publier un rapport qui fait de nombreuses propositions.

Sous un titre anodin, le Conseil d'Etat vaudois vient de publier un rapport fort intéressant sur l'avenir de la formation professionnelle. Ce faisant, Francine Jeanprêtre parachève en quelque sorte le rattachement de ce secteur au Département de la formation et de la jeunesse, décidé il y a quatre ans. A l'image du monde du travail, le rapport est diversifié à l'extrême. Il est difficile d'en extraire des lignes de force et l'on sent bien que la galaxie de la formation professionnelle, de par son essence, résistera toujours aux inconditionnels de l'esprit de système. Plutôt qu'une illusoire synthèse, voici trois éclairages intéressants.

Des savoir-faire plus pointus

Le rapport propose de renforcer les écoles professionnelles à plein temps, débouchant sur l'obtention d'un Certificat de fin d'apprentissage (CFC), puis le cas échéant d'une maturité professionnelle. Deux secteurs de pointe sont visés : l'informatique et la communication d'une part, les sciences et techniques de la vie d'autre part. La demande actuelle du marché du travail y est très élevée, ou le deviendra, selon toute vraisemblance, avec les développements du projet triangulaire « science, vie et société ». Or ce sont des domaines où la formation duale ne peut pas satisfaire les besoins. En effet, comment ferait-on pour organiser des apprentissages dans des domaines où la structure des entreprises est largement instable et balbutiante ? En outre, pour acquérir le savoir-faire pointu dont a besoin un laborantin ou un apprenti en microtechnique, ne faut-il pas passer plus de temps à l'école qu'en entreprise ? L'évolution du savoir et de la technologie a réactualisé une vieille revendication de la gauche dans un domaine où le canton de Vaud a un retard évident sur ses voisins (voir tableau).

Ecole supérieure spécialisée

Anciennes écoles de « cadres moyens », les écoles techniques et les écoles spécialisées dispensent des formations subséquentes à l'apprentissage. Elles permettent d'élargir et d'approfondir le champs de connaissances obtenues au terme d'un CFC. Elles se distinguent des hautes écoles spécialisées (HES) dans la mesure où, à l'inverse de ces dernières, elles ne sont pas axées sur la théorie et la conception. Le projet de nouvelle loi fédérale sur la formation professionnelle reconnaît la nécessité d'une formation tertiaire basée sur la pratique. A cet effet, il octroie à ce type d'école le statut particulier d'« écoles supérieures spécialisées (ESS) ».

Cours modulaires

L'article 41 de la loi fédérale prévoit qu'un adulte au bénéfice d'une pratique professionnelle peut se présenter aux examens de fin d'apprentissage dans le but de décrocher un CFC. Bon an mal an, entre 150 et 190 Vaudoises et Vaudois se présentent, et 80% d'entre eux réussissent. Toutefois, le potentiel est nettement plus élevé, raison pour laquelle, à l'instar des expériences faites à Neuchâtel et à Genève, le canton de Vaud entend mettre sur pied un dispositif plus adéquat : la population concernée doit en effet gagner sa vie et il lui est presque impossible de suivre les cours pour apprentis, par ailleurs mal adaptés. A cet effet, le canton entend débloquer 1,2 million pour mettre en place une offre de cours, modulaire et capitalisable, qui soit adaptée aux horaires de ces personnes en emploi. Il entend en outre abaisser les barrières financières, par exemple en offrant gratuitement le bilan de compétences nécessaire pour se lancer. Tout en saluant ces progrès, on peut regretter qu'aucun des dispositifs, fut-il ponctuel, n'ait été prévu pour compenser le manque à gagner d'une personne qui réduit légèrement son temps de travail pour se donner les meilleures chances de réussir dans cette filière. 

Rapport à consulter sous www.dfj.vd.ch

Taux de formation à l'Ecole des métiers pour les métiers de l'artisanat et de l'industrie :

Vaud 13 %
Neuchâtel 31 %
Genève 30 %
Jura 18 %

Domaine Public, 14 décembre 2001

 

 

  

 

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Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
info@roger-nordmann.ch, tél 021 351 31 05, fax 021 351 35 41

Twitter @NordmannRoger

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